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extrait de Bonnefoux
et Pâris - Dictionnaire
de la marine à voile - 2e
édition, Arthus Bertrand, Paris, 1856.
"BRICK, BRIC, s. m. Brig.
- Le Brig est une sorte de bâtiment
provenant du BRIGANTIN qui est plus petit. Le Brig a
deux mâts (grand mât et mât de misaine) portant hunes et gréant des cacatois et
des bonnettes. Le mât de beaupré ne compte, jamais, pour un mât, lorsqu'il
s'agit de la classification des navires selon le nombre de leurs mâts, ni,
même, les mâts supérieurs et le tapecul, quand il y a lieu. Généralement, le
grand mât des Brigs est incliné sur l'arrière, et ils sont une grand-voile
carrée enverguée. Le commerce équipe des Brigs qui portent jusqu'à 300 tonneaux
; ces navires exigeraient un gréement plus cher, et, probablement, ils
navigueraient moins bien s'ils étaient gréés en trois mâts ; toutefois leurs
voiles sont un peu grandes pour être manoeuvrées, facilement, de gros temps,
par un faible équipage."
"Les Brigs
de guerre sont rangés en plusieurs classes ou rangs, selon leur artillerie et
le chiffre du personnel de leur équipage. Les BRIGS-AVISOS (Light brigs,
Packets) sont des Brigs fins, légers, bons voiliers, destinés à transmettre les
ordres d'un amiral, ou à être expédiés en missions pressées. Les Brigs des
rangs inférieurs sont employés, principalement, pour le service ou pour la
police des côtes. Les CANONNIERES-BRIG (Gun-brigs), sont de très-petits
navires qu'on voit, en temps de guerre, escorter ou protéger les convois.""BRIG-GOELETTE, s. m
GOELETTE-BRIG, s. f. Brig whose the main mast is rigged like that of a
schooner. Le brig-goélette est une sorte de navire dont le mât de
misaine a une hune et est gréé comme celui d'un brig, tandis que le grand mât
n'en a pas et est gréé comme celui d'une GOELETTE. Ce gréement convient à un
bâtiment de construction vivieuse, qui est trop fin pour être installé entièrement en brig, et qui ne l'est pas assez pour en faire une goélette. On
y réunit, ainsi autant que possible, les qualités de ces navires, car le
Brig-goélette serre bien le vent ; et, quand il y a du gros temps et que sa
marche est assez bonne pour le soustraire à l'atteinte des lames par l'arrière,
il peut se dispenser de tenir la cape, et faire route pour profiter du vent
s'il est favorable en déployant sa misaine et son petit hunier aux bas ris,
afin de fuir devant le temps. D'un autre côté, le brig-goélette a le
désavantage d'être privé d'une grand-voile carrée, et d'avoir, en général, peu
de voilure sur le grand mât. Cette sorte de navire exige, d'ailleurs, moins de
soins pour la manoeuvre et moins de monde. Il y a des Brigs-goélettes de
guerre, qui, selon leur force, sont armés et équipés comme les brigs."
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"GOELETTE,
s. f. (Prononcez GOILETTE.) Shooner. - Petit bâtiment à deux mâts du port de 50 à
100 tonneaux ; il est, ordinairement, très-fin, très-léger et disposé pour la
marche ainsi que pour beaucoup gagner au vent par le louvoyage. Les mâts en
sont, généralement, assez inclinés sur l'arrière, et l'on y voit des barres
sans hunes. La misaine et la grand-voile de ces navires ne sont pas carrées,
mais auriques, et enverguées sur des cornes ; étant lacées à leurs mâts ou y
tenant par des cercles, elles peuvent se replier facilement, sur elles-mêmes,
lorsqu'on amène les cornes. La grand-voile se borde sur un gui, et la misaine
le long du bord. Les Goélettes ont quelquefois des huniers ; mais ils sont
très-échancrés pour le passage de l'étai ; souvent même, ils ne sont que
volants : il en est de même de leurs perroquets. Le grand hunier et le
perroquet y sont assez souvent remplacés par un flèche-en-cul. On y trouve trois focs d'assez grandes dimensions. La
grand-voile y prend, aussi, le nom de Goélette de l'arrière, et la misaine
celui de Goélette de l'avant ; de là vient la dénomination générale des voiles
de Goélette. Ces navires sont très-bien appropriés pour le cabotage, surtout
dans les belles mers, et pour la pêche ; il y a, toutefois des Goélettes de
guerre de plus fortes dimensions qui, ainsi que plusieurs Goélettes du
commerce, ont une voile de fortune enverguée, et établie sur tangons. Cette
installation, entre autres, leur procure une partie des avantages particuliers
aux brigs sous l'allure du vent-arrière. Les Goélettes de guerre françaises,
portent de 6 à 8 bouches à feu. La
voilure des Goélettes est fréquemment adoptée à bord des Bâtiments à Vapeur."
"COTRE,
CUTTER, s. m. Cutter. - Petit bâtiment de guerre à un mât, fin dans ses formes de
l'arrière, fortement épaulé et portant bien la voile ; le gréement en provient
de celui du sloup, mais sur de plus grandes dimensions et avec beaucoup de
soins dans l'installation. Le beaupré du Côtre est souvent horizontal, pour
pouvoir, au besoin, être facilement rentré ou poussé. On y voit un grand foc
et, fréquemment, une trinquette. Les grands Côtres ont un mât de hune et même
de perroquet ; ils sont munis d'une voile de fortune pour le largue et pour le
vent arrière. Les
Côtres peuvent gréer des bonnettes, entre autres, celle qui se place sous le
gui : ainsi, les navires de cette sorte, très-bien gréés et voilés pour le plus
près et pour louvoyer, peuvent, en outre, naviguer avec avantage vent arrière ;
car n'ayant qu'un mât, toutes les voiles carrées portent parfaitement alors ;
toutefois, par un gros temps, un tel bâtiment serait le jouet des lames et
courrait de grands risques s'il voulait faire route vent arrière ou fuir devant
le temps, et il est préférable qu'il prenne la cape : d'ailleurs, son mât est
une pièce très-considérable qui, venant à casser, laisse le bâtiment avec peu
de ressources ; et la brigantine, qui est très-grande, demande des soins dans
la manoeuvre, de l'habitude et des ménagements. Le Côtre a ordinairement, une
très-grande différence de tirant-d'eau qui contribue à faire pencher son mât
sur l'arrière. Un Côtre porte environ 6 ou 8 bouches à feu."
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